Depuis Gemini et Google Pay, l’achat se fait sans quitter l’assistant IA

Quand chaque marchand s’appuie sur les mêmes modèles, l’agent d’achat tend à imposer ses réglages par défaut. Reste à savoir ce que l’enseigne garde en main.

Inès Taleb Par Inès Taleb
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Depuis Gemini et Google Pay, l’achat se fait sans quitter l’assistant IA
Paiement sans contact par smartphone sur un terminal en caisse d’un magasin d’alimentation.

En bref

  • Le commerce agentique confie à une IA une part de la recherche, de la comparaison et de l’achat.
  • Les mêmes briques d’IA sont à la portée de chaque enseigne, ce qui rapproche offres et argumentaires.
  • Remise, marge ou image de marque restent des arbitrages que la source refuse de déléguer à l’IA.
  • Trois niveaux de décision sont à définir : ce que l’agent fait seul, ce qu’un humain valide, ce qui reste stratégique.

Si toutes les enseignes équipent leurs vendeurs virtuels des mêmes modèles, où se loge encore la différence ? La question traverse le Journal du Net, dont l’analyse sert ici de fil conducteur : l’IA uniformise les pratiques, et la différenciation devient plus stratégique, pas moins.

Les agents d’achat arrivent, les outils sont ouverts

Selon la source, il a suffi de moins de vingt-quatre mois pour que l’IA quitte le stade du test et s’installe dans le fonctionnement courant des entreprises. Côté commerce, sa place ne se limite plus aux coulisses : désormais, elle épaule le client au moment même de son achat.

40 %des consommateurs français utilisent déjà l’IA pour guider leurs achats, d’après une étude d’IBM menée avec la National Retail Federation

Les outils suivent le mouvement. Début septembre, Anthropic a offert aux marchands un socle de code ouvert afin de construire leurs propres agents commerciaux, aptes à rechercher des produits, à les confronter et à constituer un panier. Son schéma confie cependant le règlement à l’application qui accueille l’agent. Google adopte une autre logique : sur certains marchés et pour certains marchands, Gemini permet à présent de payer sans quitter l’assistant, grâce à Google Pay.

Des briques communes qui rapprochent les offres

Descriptifs produits, prix ajustés en temps réel, assistance client automatisée : chaque enseigne peut maintenant s’offrir ces composants. Ce qui constituait naguère un atout face à la concurrence, c’est-à-dire la façon de tirer parti des données et des algorithmes, se transforme en socle commun.

Pour la source, l’IA tire vers le haut le niveau moyen du marché, tout en resserrant l’écart entre les acteurs : les propositions deviennent similaires et les discours commerciaux empruntent des trames proches. Ce constat relève du raisonnement de l’analyse et ne repose pas sur une mesure chiffrée de cette convergence.

Une personne assise consulte des feuilles imprimées affichant des graphiques de performance avec un stylo en main.
Consultation de documents imprimés présentant des graphiques d’analyse commerciale. Photo : RDNE Stock project / Pexels

La transformation concerne aussi la personne à convaincre. Auparavant, le client explorait, confrontait les offres et décidait, pendant que les marchands soignaient leurs interfaces et leur visibilité dans les moteurs de recherche. À l’avenir, une partie de cette tâche reviendra à un agent chargé de traduire le besoin, de trier les possibilités et de gérer une portion de la transaction. Il faudra donc que l’enseigne soit retenue par un système automatique, qui évalue à partir de ses propres critères.

Ce que l’IA ne tranche pas

Le tarif, le stock disponible et les avis clients pèsent lourd, mais ne font pas tout. Deux enseignes dotées du même modèle peuvent faire des choix contraires : l’une vise la rentabilité, l’autre la loyauté des clients ; l’une cherche la vente immédiate, l’autre le soin de son image. L’outil est le même, pas la capacité de juger.

Une IA sait estimer qu’une promotion dopera le chiffre d’affaires. Il lui est en revanche impossible de trancher entre liquider ce stock et préserver la valeur de la marque. Abandonner cet arbitrage revient à déléguer le jugement lui-même, et pas seulement la mise en œuvre. Puisque tout le secteur repose sur des modèles identiques, confier la décision à l’agent pousse les enseignes vers les mêmes paramètres par défaut.

Une autre condition entre en jeu : la légitimité. Le consommateur admet sans peine qu’un algorithme lui suggère un article, mais se montre plus exigeant lorsqu’un agent choisit à sa place. Dans un univers commercial où les agents échangent entre eux, des critères transparents et des décisions cohérentes prennent la valeur d’un capital.

Répartir les rôles entre l’agent et l’humain

La frontière entre assistance et décision bouge. Pour les enseignes, l’enjeu consiste à définir trois périmètres :

  • le périmètre où l’agent peut optimiser en autonomie ;
  • les décisions qui exigent l’aval d’une personne ;
  • ce qui reste une décision stratégique.

Reste enfin la question des compétences humaines. Quand l’IA fournit les analyses, les préconisations et les simulations, on risque de lui céder petit à petit l’esprit critique qui allait avec. Pourtant, cette capacité de juger naît de la pratique, des erreurs commises et de la responsabilité assumée dans chaque décision. La source décrit ainsi un glissement de l’exécution vers l’orchestration : préciser l’objectif assigné à l’IA, et ce qu’elle n’a pas à trancher.

Pour préparer concrètement un site à ces agents, un article de mobileoffice.fr détaille la préparation du site e-commerce.

Photo : Kampus Production / Pexels

Inès Taleb

Marketing mobile, applications et m-commerce

Inès Taleb

Inès Taleb a travaillé comme testeuse d'applications dans une agence de développement lyonnaise. Elle écrit sur les applications mobiles : nouveautés, comparatifs, paramètres de confidentialité et abonnements cachés. Elle garde moins de vingt applications sur son téléphone et fait le tri chaque mois.